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vendredi 3 juin 2011

Retour sur ma journée de suppléance: portrait des enfants d'aujourd'hui.

J'ai fait ma journée de suppléance en 3e année. Ça s'est très bien passé, même si c'est très différent que d'avoir sa propre classe. Le lien avec les élèves n'est pas créé et ça paraît beaucoup. Surtout au niveau de la discipline! Dans l'ensemble, je dois avouer que je suis allée dans une belle classe aujourd'hui. Des élèves assez polis et qui travaillent bien, en général.

Cependant, j'ai remarqué deux traits communs entre les différents groupes où j'ai fait de la suppléance cette année:

1) Les enfants négocient!

C'est fou!

Si je leur demande de travailler seul: "Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas être en équipe?"

Si je leur donne la permission d'être en équipe de deux: "Est-ce qu'on peut être en équipe de trois?"

Si je leur demande de travailler en silence: "Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas parler?"

Si je leur demande de travailler en chuchotant: "Est-ce qu'on peut aller travailler dans le corridor?"

Lorsqu'on est suppléante et qu'on tente de répondre à une ces questions, c'est extrêmement risqué, car ils sentent une ouverture, une faiblesse, et ils passent à la phase suivante: La phase sans-pitié du "Oui, mais...". "Oui, mais Madame Valérie, elle veut elle!"
Aaaaaaaah! Ces enfants!

Mais là, n'allez pas croire que Madame Valérie veut vraiment! Oh! Non!Non!Non! C'est une stratégie de manipulation pure et simple. Je le sais, car Madame Valérie, je lui parle! C'est ma meilleure amie!

- "Valérie est-ce que c'est vrai que tu permets ça (ex: manger des bonbons à la collation!) à tes élèves?"
-"Pas du tout! Ils n'ont pas le droit et ils le savent! Je leur ai permis une fois (ex: à l'Halloween!) et je leur ai dit que c'était une permission très spéciale! Mais ne t'en fais pas, parfois, lorsqu'ils me demandent des choses et que je leur je réponds non, ils essaient de me convaincre que je veux d'habitude!"



2) Les élèves nous font attendre!

Exemple: La cloche sonne.
Moi: "Bon! On ferme les ordis! La période est terminée. On reprend sa place!"
Eux: "Attends! Je veux juste finir mon jeu!"

Ça peut sembler normal (ce sont des enfants, ils veulent juste finir leur jeu), mais c'est comme ça pour tout! Ça vient gruger de l'énergie et Non! je ne trouve pas ça normal. Je vous donne un autre exemple:

Je leur dis que je les amène jouer dehors en fin de journée. On est d'accord pour dire que c'est une belle activité, n'est-ce pas? Je leur demande de prendre leur rang, ce que fait rapidement la grande majorité des élèves (ils ont hâte d'aller jouer dehors!). Mais il y en a toujours 2 ou 3 qui mettent du temps (c'est loooooong!) à venir prendre leur rang. Est-ce que c'est parce qu'ils n'ont pas le goût de venir jouer dehors? Bien sûr que non! Ils ont envie d'aller dehors, mais ils veulent juste finir de "gosser une bidule" dans leur bureau. "Attends! Attends!"

Je vous entends vous demander "Mais quel genre de bidule peuvent-ils bien gosser?" Moi aussi je me le demandais, alors je suis allée vérifier ce qui justifiait de faire attendre ainsi tout le groupe: Ils gossaient un genre de construction avec des boîtes de jus qu'ils avaient découpées en deux! Voilà pourquoi ils voulaient qu'on les attendent! "Oui, mais on a presque fini notre fusée!"
Aaaaaah! Ces enfants!

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Au fond, je pense que ces comportements sont le reflet de comment certains enfants se comportent à la maison. Ils sont habitués à négocier avec leurs parents et n'hésitent pas à les faire attendre (ou ils remettent simplement tout à plus tard!). Je sais que certains parents achètent la paix, soit parce qu'ils sont fatigués, soit par manque de modèle, mais je trouve ça extrêmement dommage, car en cédant à tous les caprices des enfants, les grands perdants, ce sont les enfants!


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Dans mon cours "Prendre soin de soi", à l'université, mon professeur nous a expliqué pourquoi il ne fallait pas céder à un enfant en crise. En gros, ils nous a expliqué que lorsque l'enfant fait une crise, si nous changeons notre position et lui disons "oui", il va comprendre qu'il a le pouvoir de changer les décisions des adultes par ses crises. L'enfant doit apprendre à se faire dire non. Il doit savoir que dans la vie, il existe des données qu'on ne peut pas changer! On doit accepter ça si nous voulons être heureux. Un adulte heureux est un adulte qui sait dire oui aux données de la vie. Et ça, ça s'apprend dès le plus jeune âge. Donc, la prochaine fois que votre Terrible two vous fera une crise, vous pourrez lui dire: "Mon petit chéri, Maman te dit Non! et ça restera Non!, car je veux que tu deviennes un adulte heureux!";)


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En parlant de données (et je termine ici, je ne veux pas vous endormir!) ça me donne envie de vous écrire un billet sur "Les 5 données de la vie". Les 5 choses qu'on ne peut pas changer.

À bientôt!

P.S. Si vous avez lu jusqu'au bout, vous êtes mes lecteurs/lectrices préféré(e)s! :)

jeudi 2 juin 2011

Quelle belle vie!

La secrétaire de l'école où je fais parfois de la suppléance vient de me téléphoner. Ils sont mal pris pour demain; ils ont besoin d'un prof pour la classe de 3e année. Après avoir jeté un bref coup d'oeil à mon Népoux, j'ai accepté. Demain, les rôles seront inversés; ce sera Papa qui restera à la maison!

J'aime ces journées! Elles sont rares et précieuses. Actuellement, dans ma vie, je trouve un immense plaisir à pouvoir exercer ma profession de façon occasionnelle, tout comme on le ferait pour une passion. Ces journées passées auprès des élèves me nourrissent, m'oxygènent et m'apportent de l'énergie. Elles me font sortir de chez moi, me permettent de prendre soin de ma vie professionnelle (et oui, c'est important!) et m'offrent l'occasion de prendre du recul pour avoir un meilleur point de vue sur ma propre vie. Et vous savez quoi? Je la trouve tellement belle, cette vie!

mercredi 2 février 2011

La suppléance

Je n'avais pas encore eu le temps de vous en parler, mais j'ai commencé à faire de la suppléance à temps (très) partiel.

Pour faire une histoire courte, ça me manquait d'enseigner! Alors, j'ai dit à ma meilleure amie, qui a une classe de 5e année, de me "prêter" sa classe lorsqu'elle aurait à s'absenter. Puis, la secrétaire de l'école m'a demandé si elle pouvait m'appeler lorsqu'elle serait mal prise pour trouver une suppléante. Finalement, depuis décembre, je vais à cette école environ une fois par semaine. Les jours où je fais de la suppléance, on inverse les rôles et c'est mon chum qui est "Papa à la maison"!

Au début, ça me faisait vraiment drôle de me retrouver dans le rôle de la suppléante. Les enseignants de cette école qui me connaissaient et qui savaient que j'avais un poste (mais qui ignoraient que j'avais pris une prolongation de congé de maternité) m'ont tous dit la même chose en me voyant:

"Mais qu'est-ce que tu fais là?

- De la suppléance!

-Oui, mais qu'est-ce que tu fais là!?"

Pour certains qui ne m'ont pas vue depuis longtemps, j'avoue que ça peut être déstabilisant de me voir faire de la suppléance. Alors, je comprends tout à fait leur air étonné.


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Mais, honnêtement, qu'est-ce que je fais là?

Aujourd'hui, j'ai fait de la suppléance et j'ai vraiment pris le temps de réfléchir à la question "Mais qu'est-ce que je fais là!?"

* Je renoue avec ma passion de l'enseignement.
* Je souris et je répète des consignes.
* Je répète des consignes et je souris.
* Je les observe et je m'observe.
* Je prends du recul pour avoir une vision plus globale de ma profession.
* Je pense à mes filles et je me demande à quoi elles ressembleront en 5e année?
* Seront-elles de celles qui veulent aider les suppléantes ou seront-elles de petites souris qui profitent de l'absence du chat pour danser?
* Je pense à mes filles et je me demande ce qu'elles ont vraiment besoin pour cheminer dans ce système scolaire.
* J'observe les enfants et j'en apprends sur leur vie.
*J'observe les enfants et j'en apprends sur la vie.


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J'ai lu quelques textes écrits par des élèves. Entre autres, j'ai lu quelques unes des lettres qu'ils avaient composées pour le Père Noël. Ils devaient écrire ce qu'ils souhaitaient vraiment. J'étais curieuse de connaître ce que pouvait bien désirer un élève de 5e année. Je m'attendais à trouver, sur leur liste, des jeux vidéos et autres gadgets électroniques dont j'ignore le nom (chez nous, ce sont surtout les Pet shop, les Playmobil et les toutous à gros yeux qui font fureur!). Mais non, j'avais tort!

La première lettre que j'ai lue m'a donné tout un coup. En gros ça ressemblait à:
"Cher Père Noël,
pour Noël, j'aimerais que ma mère me fasse un sourire. Un vrai sourire. Ces temps-ci, elle ne sourit plus du tout..."

Une autre lettre disait:
"Pour Noël, j'aimerais vraiment que mes parents cessent de se chicaner..."

Je fus très troublée par ces lectures. J'ai réalisé que ces élèves étaient bien conscients que leurs besoins, leurs vrais besoins, n'étaient pas du tout d'ordre matériel.

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Ce qui est le plus fantastique avec la suppléance, c'est que je reviens chez moi et j'apprécie encore plus le temps que je passe avec mes enfants. Je sais que ce temps est précieux, car je sais que c'est avec ce temps que j'arriverai à combler les vrais besoins de mes enfants. Il y a certaines choses qui ne s'achètent pas!

... et pour tout le reste, il y a Visa!;)