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vendredi 2 septembre 2011

Déjeuner de la rentrée pour mamans

En cette période de rentrée scolaire, il y a une petite tradition qui me manquait: le déjeuner de la rentrée avec les collègues.

J'ai toujours aimé ce moment, en début d'année scolaire, où l'équipe-école se réunit après la pause estivale. C'est un moment tellement agréable: on revoit les anciens collègues et on rencontre les nouveaux, on mange des croissants et on a du plaisir (j'adooore les croissants!;))

Pour moi, une bonne ambiance au déjeuner de la rentrée est le signe que l'année scolaire sera tout aussi agréable. Les collègues sont précieux et j'accorde une grande importance au climat de travail. J'aime travailler dans le plaisir.

Je l'avoue, depuis que je suis à la maison, ce qui me manque le plus, c'est le fait de ne pas avoir de collègues de travail. Cette année, je me suis surprise à avoir aussi hâte que Moyenne Fille à la rentrée scolaire de la pré-maternelle. Elle avait hâte d'aller retrouver ses amies; j'avais hâte d'aller retrouver leur mère! Et oui, "les mamans de la pré-maternelle", de même que les éducatrices, font office de "collègues". Avec elles, j'échange, je partage des trucs, des bonnes adresses et je ris aussi.

Dernièrement, j'ai pris conscience que j'avais peut-être plus de collègues que je pensais. J'ai réalisé que d'autres mamans de la blogosphère étaient également à la maison (à temps plein ou à temps partiel) et qu'elles habitaient, pour quelques unes, tout près de chez moi. Du coup, j'ai eu envie d'organiser un "déjeuner de la rentrée" entre mamans.


Quand on est maman à la maison, c'est tellement facile de s'isoler et pourtant, si j'avais un seul conseil à donner à une future maman à la maison c'est justement le contraire: toujours se garder un lien avec l'extérieur.

Un lien qui fait du bien, qui apporte de l'oxygène quand on en a besoin. Un lien qui nous permet de prendre du recul par rapport à ce que l'on vit. Un lien qui nous aide à garder l'équilibre. Un lien qui nous garde connectée avec le monde extérieur.

Ce matin, j'ai donc reçu X-Mom et Bleu Vanille à la maison. J'ai adoré! C'est à refaire!

Je rêve d'une communauté de mères qui pourraient échanger... et pas seulement virtuellement.

Merci beaucoup les filles, ce fut un vrai plaisir! :)


mercredi 25 mai 2011

Maman à la maison: être ou ne pas être?

Je suis à la croisée des chemins. Qu'est-ce que je fais pour la prochaine année? Toutes les possibilités sont là. Je retourne dans ma classe à temps plein, à mi-temps, pas du tout? La balle est dans mon camp. Je choisis la vie que j'ai envie de vivre. Tout est possible. N'est-ce pas merveilleux?

Oui, ce l'est! Mais c'est également très apeurant, affolant, à la fois. Et si je me trompais? Et si je faisais un choix qui n'était pas vraiment le mien? Et si, et si, et si...? Des fois, j'ai juste envie de dire à la petite voix fatigante à l'intérieur de moi: "Ne t'en fais pas, tu seras heureuse peu importe le chemin que tu prendras."

Je vous raconte tout ça, mais au fond, ma décision est prise. En fait, j'ai même eu la confirmation aujourd'hui: mon congé sans solde pour l'année scolaire 2011-2012 a été accepté. La belle aventure d'être maman à la maison se poursuit une année de plus. N'est-ce pas merveilleux?

Oui, ce l'est! Mais c'est également très apeurant, affolant, à la fois. Et si je me trompais? Et si je faisais un choix qui n'était pas vraiment le mien? Et si, et si, et si...? Aie la petite voix fatigante! Ça suffit! Je t'ai dis de te taire!

C'est vrai que j'ai peur, mais je sais qu'il s'agit vraiment de la vie que j'ai envie de vivre. La vie qui me ressemble réellement, qui ressemble à mes valeurs. Malgré cette certitude, je vais être honnête, j'ai peur.

Peur de trouver l'hiver long et de me sentir isolée (de vous demandez pas pourquoi nous sommes partis 3 semaines en Floride l'hiver dernier! Ma santé mentale le réclamait!;))

Peur de toujours avoir à justifier mon statut afin d'avoir une certaine reconnaissance sociale (Vous savez le genre: "Je suis maman à la maison, mais j'ai quand même un poste en enseignement. Oui, oui, j'ai réussi dans la vie, même si je reste à la maison." Parce qu'on ne se le cachera pas, dans la tête de bien des gens, quand on est à la maison, c'est parce qu'on ne sait pas faire autre chose dans la vie ou qu'on a perdu notre emploi (pour cause d'incompétence, bien entendu!)).

Peur de m'épuiser, de manquer de patience, de m'emporter, de me sentir coupable, d'avoir un discours intérieur négatif et de finir par me dire "Je pense que mes enfants auraient été mieux avec une éducatrice."

Voilà, c'est dit! Ouf! Du coup, ça ne me fait plus aussi peur et je peux me centrer sur les joies qui seront miennes pour une année supplémentaire.

La joie de ne pas être à la course le matin.

La joie de ne pas ramener de travail à la maison (ça, c'est un peu paradoxal comme joie, car mon travail sera toujours à la maison!;)

La joie de passer beaucoup de temps avec mes enfants. D'être aux premières loges de tous leurs apprentissages et de sentir que j'ai la chance de les accompagner dans leur cheminement.

La joie de convaincre Moyenne Fille de faire une sieste avec moi en lui promettant de lui gratter le dos.

La joie de sentir la tête de Bébé Fille qui vient se chercher une place confortable dans mon cou (Hum! J'adore ces instants!)

La joie d'aller faire des piques-niques au parc.

La joie de faire l'épicerie le mardi matin (C'est tellement tranquille, un pur moment de bonheur!)

La joie d'assister aux ateliers de "L'heure du conte" à la bibliothèque.

La joie d'être libre de son horaire.

La joie d'être là à la sortie de l'école.

La joie d'être là aux sorties d'école.

La joie d'être là, vraiment là, entièrement là!

mardi 11 janvier 2011

Gestion de temps et efficacité

Dans le cadre du cours "Prendre soin de soi", un de mes devoirs, ce mois-ci, était de remplir une grille horaire hebdomadaire en inscrivant l'activité et le niveau d'efficacité pour chaque heure de la semaine.

Je remettais toujours ce devoir à plus tard; je ne voulais pas voir sur papier à quel point j'étais inefficace et que je n'arrivais pas à faire tout ce que je voulais faire dans mes journées.

Hier matin, j'ai donc commencé à remplir la grille. Les 2 premières heures, tout allait bien. Activités inscrites à la grille: allaitement, routine du matin (déjeuner, préparer la grande pour l'école, etc), lavage, téléphone pour prendre un rendez-vous. Super! Je suis efficace!

Puis, vint la 3e heure. J'avais prévu plier 2 brassées de vêtements. Je monte donc à l'étage avec les 2 plus jeunes. Je me dis que j'aurai le temps de plier mon linge pendant que les filles s'amuseraient ensemble. Et bien non! de 9h15 à 9h45, ce fut plutôt: aide Moyenne Fille à enfiler le costume de Pikachu, aide Bébé à enfiler le costume d'abeille, "crinque" la boîte à bijoux pour Bébé, replace la ballerine dans la boîte à bijoux, enlève les costumes de Pikachu et d'abeille, accompagne Moyenne Fille à la toilette, va lui chercher un livre (ça aide à faire les numéro 2 plus difficiles!;)), enlève la couche de Bébé qui veut faire comme sa soeur, installe Bébé sur la toilette, va lui chercher un livre (à sa demande!), demande à Bébé si elle a fini (Non! Elle n'a pas fini!), attend que Bébé finisse son pipi, puis remet la couche.

La question qui tue: En remplissant la grille, vais-je écrire que j'ai été efficace? D'un côté, je ne me suis pas vraiment sentie efficace, car mon linge attendait toujours pour être plié, mais d'un autre côté, je n'ai pas perdu mon temps non plus.

L'heure suivante, pendant que les filles prennent leur collation, je profite d'un petit 15 minutes de répit pour faire un sprint de ménage. Go! Je pars! Une course contre la montre pour ramasser tout ce qui traîne. Je me sens efficace! Je vois un résultat; le salon est bien rangé!

Puis, je réfléchis à ce qui vient de se passer et je me questionne:

Est-ce que ça se pourrait que je me sente efficace, alors qu'en réalité, je ne le suis pas tant que ça? Et à l'inverse, se peut-il que certaines activités me laissent avec un arrière goût d'inefficacité, alors qu'à long terme, elles se révéleront être les plus efficaces?

Je crois que oui. Croyez-vous vraiment que le ménage de mon salon va encore paraître demain (je dirais même, à la fin de la journée)? Non! Il va encore avoir des "bébelles" qui vont traîner. Donc, à long terme, je n'ai pas été si efficace que ça! Pourtant, durant ce 15 minutes, je me suis sentie hyper-efficace.

Je reprends mon exemple du lavage qui attend pendant que Bébé est assis sur la toilette avec un livre. À long terme, je crois que j'ai été plus efficace que je ne le crois. C'est vrai: Bébé fait un pas de plus dans l'apprentissage de la propreté et elle découvre les joies de la lecture. Ce n'est pas rien! Pourtant, à ce moment, je n'avais pas la perception d'être très efficace.

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J'ai réalisé que lorsque le résultat n'est pas immédiat, j'ai moins tendance à me sentir efficace.

Par exemple, Moyenne Fille a un retard de langage; je fais donc beaucoup de stimulation avec elle. Ces temps-ci, on travaille le son "f". Elle arrive à faire le son "ffff", mais elle n'arrive pas encore à faire le son "fa". On travaille très fort, mais je ne me sens pas si efficace que ça, car elle n'arrive pas à reproduire le bon son. Cependant, je sais que le jour où elle réussira, j'aurai le sentiment d'être très efficace. C'est un peu illogique, car je sais bien que nous devons pratiquer beaucoup avant d'avoir le résultat. Je devrais donc me sentir aussi efficace, malgré le fait que le son ne sorte pas immédiatement. Je ne sais pas si vous me suivez? Ce que je veux dire, c'est que la séance où le son "fa" sortira n'aura pas été une séance nécessairement plus efficace que les autres, mais c'est seulement à ce moment-là que je verrai les résultats de l'ensemble de toutes nos autres séances.

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Puisque nous avons tendance à accorder beaucoup d'importance aux résultats que nous pouvons voir, que nous pouvons mesurer, j'ai fait un autre constat:

Ce n'est pas facile d'être maman à la maison et de se sentir efficace à chaque jour.

Il y a des jours où, malgré le fait que je n'arrête jamais, j'ai l'impression de n'avoir rien fait de ma journée! Rien fait qui se mesure, qui laisse des traces observables, qui donnent des résultats dans l'immédiat.

Je vous le dis, il faut avoir une foi immense pour être maman. Il faut être profondément convaincue que ce que l'on fait a une importance et donnera des résultats dans l'avenir.

Mais c'est aussi ça prendre soin de soi: continuer de faire les mêmes choses (ou presque!), mais en changeant notre état d'esprit. Les jours où je ne me sentirai pas efficace, car je ne verrai pas de résultats immédiats, je me rappellerai qu'élever des enfants n'est pas l'affaire d'une journée, mais bien de toute une vie! Je chasse le stress d'être maman pour le remplacer par le plaisir d'être maman... et, aujourd'hui, tant pis pour ma brassée de lavage! Bébé fille aura au moins découvert une des grandes joies de la vie: lire sur le bol!;)

jeudi 26 août 2010

La rentrée d'une maman à la maison

J'aurais aussi bien pu appeler mon billet "Ma non-rentrée en tant que prof", car en effet, s'il m'est déjà arrivé de ne pas faire une rentrée depuis que j'ai terminé mes études, c'était toujours en tant que "prof en congé de maternité", mais cette année, c'est différent: mon congé est terminé depuis plusieurs mois et j'ai pris la décision d'être une "maman à la maison" au moins jusqu'en septembre prochain (une année à la fois!).

Passer de "prof en congé de maternité" à "maman à la maison", c'est tout un changement de paradigme... du moins lorsque j'entends les commentaires des gens!

Avant, lorsque je disais aux gens que je ne rentrais pas car j'étais encore en congé de maternité, je me faisais presque toujours répondre la même chose: "Oh! Il faut que tu en profites, ça passe tellement vite!"

Aujourd'hui, lorsque je dis aux gens que je ne rentre pas car j'ai choisi de rester à la maison, je n'ai plus droit à la même réponse. Je le vois bien que le regard des autres a changé. Les commentaires vont du "Vous êtes chanceux de pouvoir vous le permettre financièrement" à "Moi, je ne serais tellement pas capable de rester à la maison à ne rien faire!" en passant par "Ça ne te fait pas peur? Tu n'as pas peur de virer folle?"

Ça va peut-être vous surprendre, mais c'est le dernier commentaire que je trouve le plus pertinent. C'est vrai, prenez le commentaire "Vous êtes chanceux de pouvoir vous le permettre financièrement." C'est vrai que je me considère extrêmement chanceuse, mais je crois qu'il y a aussi une partie "choix de vie" dans cette décision. Bien des gens ne seraient pas obligés financièrement de travailler autant, mais leurs choix de vie font en sorte qu'ils le deviennent un peu. Je n'ai rien contre ça... mais de là à me faire sentir que je suis La Seule Chanceuse qui peut se le permettre, c'est surestimer mon budget. J'ai fait des choix, c'est tout.

Pour ce qui est du commentaire "Moi, je ne serais pas capable de rester à la maison à ne rien faire!", je ne me reconnais pas du tout là-dedans. Oui, je suis à la maison, mais je fais plein de trucs. Je vous le jure, il n'y a pas une journée où je me demande: "Voyons voir, qu'est-ce que je pourrais bien faire aujourd'hui?" Disons que les réponses viennent à moi bien avant que j'aie eu le temps de me poser la question!

Par contre, le commentaire "Ça ne te fait pas peur? Tu n'as pas peur de virer folle?", lui, il me touche car, oui, j'ai parfois peur, pas de virer folle au sens propre du terme, mais plutôt de perdre mon équilibre, de basculer dans un monde où je ne serais qu'une maman et rien d'autre. Un monde où les besoins et les désirs de mes enfants passeraient toujours en premier, au point où j'en viendrais à oublier mes propres besoins et mes propres désirs. Un monde où je ne vivrais plus ma vie, mais seulement celle de mes enfants.

Oui, j'ai peur, mais en même temps, je ne suis pas morte de peur! En fait, j'ai juste assez peur pour être consciente de l'importance de toujours veiller à prendre soin de moi. Prendre soin de moi en tant que mère, mais aussi de moi en tant qu'amoureuse, en tant qu'amie, en tant que femme, en tant que personnage principal dans le film de ma propre vie.

Je sais qu'à première vue, les mots "maman à la maison" et "prendre soin de soi" peuvent sembler être à l'opposé l'un de l'autre, mais si on y pense bien, je crois qu'ils sont plutôt intimement liés. Pour être une bonne mère à la maison, pour avoir de la patience et de l'énergie pour m'occuper avec passion de mes enfants et de tout le petit train-train quotidien, je me dois de prendre soin de moi.

J'avais déjà entendu quelqu'un dire quelque chose du genre (wouin, je sais, pour les citations et références, on repassera!;)) "Prendre soin de soi, c'est prendre du temps pour l'éternité: on change l'héritage!" Ça m'avait beaucoup fait réfléchir et je me suis dit que c'est tout à fait vrai. Quand je prends soin de moi, la marque, l'empreinte, que je laisse sur mes enfants devient plus positive. Je leur lègue ce que j'ai de mieux. Je leur offre de vivre avec la plus belle version qui puisse exister de leur maman. Et ça, ce n'est pas rien!

Tout ça pour dire que cette année, c'est ma première rentrée "officielle" en tant que maman à la maison et que j'espère traverser cette année en sachant garder mon équilibre.